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Biocarburants, économies énergétiques et émission de gaz à effet de serre
L'homme émet chaque année 24 milliards de tonnes de C02 dans l'atmosphère. Les émissions massives de gaz à effet de serre (C02, CH4 etc.) sont à l'origine du réchauffement climatique. La combustion des énergies fossiles (pétrole charbon gaz naturel) conduit à la libération de CO2 dans l'atmosphère, carbone qui était piégé dans le sous-sol depuis des millions d'années (d'où le terme d'énergie fossile). Il provient de la décomposition de la faune et de la flore qui ont vécu sur la Terre auparavant. La consommation de ces hydrocarbures réintroduit dans l'atmosphère du CO2 qui était sorti du cycle du carbone depuis des millions d'années.

cyclecarbone1

Le graphique ci dessous présente les émissions de CO2 brutes simplement dues à la combustion de chacune de ces sources d’énergie, on ne tient pas compte de l’énergie nécessaire à la production de chacun de ces carburants ou de son origine agricole ou non.
co2brut

Ce qui est a retenir de ce graphe c’est que peu importe le carburant, lors de sa combustion il émet sensiblement la même quantité de CO2 pour produire 1kWh ou 3600kJ. Le charbon est un peu plus émetteur à cause de son faible PCI dû a sa forte teneur en humidité.

Là ou va se faire la différence d’impact environnemental entre ces carburants c’est sur l’origine du carbone qu’ils contiennent et émettent lors de la combustion.

Les biocarburants sont aujourd'hui présentés comme une alternative durable au pétrole car le carbone qu’ils contiennent (filière huile ou filière éthanol) a préalablement été fixé par les plantes (colza, blé, maïs...) lors de la photosynthèse. Le bilan carbone semble donc, a priori, neutre (graphe ci dessous) le CO2 effectue une boucle fermée.

cyclecarbone2

Pour déterminer s'il y a un réel gain en terme d'émission de CO2, il s'agit de faire le bilan énergétique de la production de biocarburant. En France, l'ADEME et le Réseau Action Climat publient des études sur l'intérêt des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'ADEME a réalisé une synthèse de 3 différentes études, en normalisant les résultats. Les résultats publiés de chaque étude sont radicalement différents et donnent lieu à des conclusions opposées, les résultats normalisés permettent de tirer une conclusion commune aux trois études : l’éthanol et le biodiesel permettent tous deux de réduire la dépendance aux énergies non renouvelables. En ce qui concerne les GES, les indicateurs publiés quantifient les bénéfices des biocarburants par rapport aux carburants fossiles.

co2reel

Des bienfaits controversés

Cependant dans une étude publiée dans Nature resources research, les chercheurs de l'université de Cornell et de Berkeley concluent «qu'il n'y a aucun bénéfice énergétique à utiliser la biomasse des plantes pour fabriquer du carburant.» Le process de fabrication d'éthanol à partir de maïs exigerait en effet 29% d'énergie de plus que celle que l'éthanol peut produire comme carburant, et celle du bois 57% de plus. Les résultats du biodiesel apparaissent du même ordre avec un besoin en énergie pour le produire 27% plus important que l'énergie dégagée en tant que carburant pour le soja, et 118% pour le tournesol (...) ".

L'émission de carbone de toute la filière resterait supérieure au recyclage du carbone car, selon eux, d'autres facteurs ne sont pas pris en compte ou sont négligés : Le CO2 émis à la fabrication et lors du conditionnement, transport et épandage des pesticides et des engrais fabriqués à partir de pétrole,L'énergie nécessaire sous forme de produits pétroliers à la fabrication des outils agricoles et des biocarburants eux-mêmes, L'énergie liée au drainage et à l'irrigation. Réseau Action Climat dans une étude publiée en mai 2006, les résultats de la filière éthanol présentent une économie énergétique limitée, voire négative pour l'éthanol de blé, mais permettent quelques économies de GES. A condition que la valorisation des coproduits (par la filière éthanol cellulosique ou par méthanisation par exemple) soit effective Toujours selon la même étude, la filière oléagineuse est beaucoup plus intéressante surtout en ce qui concerne l'huile pure. Le bilan énergétique ainsi que le bilan carbone sont toujours bien meilleurs quand on adapte le moteur à l'huile végétale pure.En 2003, le biologiste Jeffrey Dukes a calculé que les énergies fossiles brûlées en un an (1997) représentait plus de 400 fois la production annuelle actuelle de matière organique de notre planète Dans le même article, Dukes estime que le remplacement des carburants fossiles par une combustion de végétaux actuels correspondrait au moins à 22% de la production végétale terrestre (y compris des végétaux marins)Selon Jean Marc Jancovici, Ingénieur Conseil spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, il faudrait par exemple cultiver 118% de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité des 50Mtep de pétrole consommées chaque année par les français dans les transports (104% de la surface nationale avec le Colza, 120% avec la betterave et 2700% avec le blé).Pour remplacer totalement la consommation de carburants fossiles par des biocarburants, il faudrait... plusieurs fois la surface terrestre. Les biocarburants ne seront qu'un appoint tant que nous ne passons pas à l'ère des biocarburants de seconde génération. Les biocarburants sont donc un intéressant problème de politique agricole, mais un élément négligeable d'une politique énergétique

 


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